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A la une advertising : Le mois de Vincent

Retrouve la nouvelle rubrique de ton critique ciné préféré sur Le Temps du cinéma,

avec des illustrations graphiques de ce genre qui te subjugueront :

LEMOISdeVINCENTN1finish

et des textes de ce style qui, si tu les répètes en société, t'assureront gloire et respect pour l'éternité :

" Radicalement dans Mother, le cinéma de Bong Joon-ho ne cède jamais à l’effet, peut-être d’ailleurs en tire-t-il sa force paisible, cette sérénité raffinée qui hausse le fait divers vers le chemin de croix magnanime. Mais toujours est-il que lorsque le Coréen en use (de l’effet), son film explose les raisonnables coutures de son style et s’impose enfin comme il fût voulu, peu ou prou comme « le film le plus hystérique de l’histoire du cinéma ». " 

Le mois de Vincent : ton rendez-vous ciné mensuel. Immanquable. Rien que pour toi, et toi, et toi. Tout de suite.

 
Mother
Réalisé par Joon-ho Bong
Avec Won Bin, Kim Hye-Ja, Jin Ku, ...
Année de production : 2009
Chapitre 3, commandement 1 : le grand top 2009

 
Chapitre 2, 2 : les apôtres de la lose

Ils ont ruiné leurs carrières en l’espace de dix ans et redeviendront dès 2010 aussi célèbres que Jean-François Ranudet, assureur dans le Val-de-Marne – oui, il a été muté. Copainsdenfance.com

AlloCinéGASPARD ULLIEL

Consécration. Remarqué dans Embrassez qui vous voudrez, Gaspard squatte la it-list des jeunes premiers français en jouant chez Téchiné puis Jeunet grâce à qui il décroche le César du meilleur espoir masculin.

Apogée. Son péteux patronyme lui vaut une place dans la liste du Time des acteurs les plus influents : Gaspard fait la muse pour Gus Van Sant et incarne Hannibal Lecter à Hollywood.

Bonnet d'âne. Depuis sa participation au génocide artistique du clippeur de Mylène Farmer, Gaspard milite pour l’élargissement du circuit salles des nanars auteuristes allant jusqu’à perpétuer des actes terroristes : jouer le fils de Jean Reno.

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United International Pictures (UIP)JAKE GYLLENHAAL

Consécration. Propulsé héros de la geek generation grâce à Donnie Darko, Jake affronte l’océan Atlantique et les températures polaires dans un blockbuster de Roland Emmerich.

Apogée. Après avoir gardé des moutons dans une célèbre montagne, il tourne coup sur coup dans le seul film potable de Mendès et une tuerie de Fincher. Ah, est le frère de Maggie aussi.

Bonnet d'âne. Sa bouille d’éternel ado arrivant à péremption, l’ex-boyfriend de Reese Whiterspoon n’a plus d’autre choix que de faire le guignol en perruque dans l’adaptation d’un mauvais jeu vidéo (Prince of Persia).

+ HALEY JOEL OSMENT qui, après le Sixième, a perdu le sens des réalités.

+ CATALINA SANDINO MORENO qui, après avoir été une Maria pleine de grâce, erre le ciné de troisième zone en attendant le grand rôle que lui avait promis l’Amérique.

 
Maria, pleine de grâce
Réalisé par Joshua Marston
Avec Catalina Sandino Moreno, Yenny Paola Vega, Wilson Guerrero, ...
Année de production : 2004
Chapitre 2, épître 1 : les immaculées apparitions

Dans les 90’s, leurs patronymes nous étaient aussi connus que celui de Jean-François Ranudet, assureur dans le Puy-de-Dôme. Mais depuis, ils sont aussi incontournables qu’une chanson des Strokes et les 10’s leur appartiennent. Trombinoscope.

Paramount Pictures France

SETH ROGEN

Faits d’armes. Débutant dans Freaks and geeks entre 1999 et 2000, Seth devient ami avec Judd Apatow et éclot en même temps.

Hall of fame. Il explose dans les comédies de son pote, en produit certaines, en scénarise d’autres, devient la mascotte de la nouvelle comédie US et décroche le blockbuster le plus hype de Hollywood monté son propre nom (Le Frelon vert).

Statut. Homme le plus drôle du monde.

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UGC DistributionTAHAR RAHIM

Faits d’armes. Jacques Audiard le repère dans La commune et l’enferme entre quatre murs (glauques) : Un prophète le consacre à Cannes.

Hall of fame. En attendant son César du meilleur espoir, Tahar peut s’enorgueillir d’un Belfortain du meilleur acteur européen et d’être sur les lèvres de tous les cinéastes. Premier à avoir eu son aval, Kevin MacDonald, pour un western qui fait déjà saliver.

Statut. Future icône française.

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New Line CinemaJOHN CHO

Faits d’armes. John fait pisser de rire l’Amérique avec Harold et Kumar.

Hall of fame. Guest poilant dans HIMYM et Ugly Betty, il participe à l’aventure Star trek de J.J. Abrams et incarne l’épicentre émotionnel de la série FlashForward.

Statut. Futur sex-symbol des 10’s.

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Warner Bros.SCARLETT JOHANSSON

Faits d’armes. C’est à l’oreille de son cheval que Robert Redford murmurait.

Hall of fame. Scarlett a réveillé Woody Allen, intronisé Sofia Coppola, envoûté De Palma, séduit Vermeer (en fait c’était Colin Firth), hypnotisé Nolan, tenu tête à Eva Mendes, inspiré une chanson aux Teenagers et chanté avec David Bowie en à peine cinq ans. A aussi trouvé le temps de gâcher sa carrière.

Statut. Ingénue vénéneuse qui attaque les 10’s à quitte ou double (Amazon et Iron man 2).

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ARP SélectionHAFSIA HERZI

Faits d’armes. Hafsia n’est pas retenue aux essais de Plus belle la vie.

Hall of fame. Elle détonne dans La graine et le mulet, remporte Prix d’interprétation à Venise et César du meilleur espoir, donne la réplique à Belmondo lors de son enterrement cinématographique et excite tous les gays provinciaux en rut (Le roi de l'évasion).

Statut. L’Adjani de la France métissée.

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TFM DistributionKRISTEN BELL

Faits d’armes. Ambassadrice de l’esprit teen et sex symbol de la série télé US.

Hall of fame. Kristen se permet de refuser un rôle dans Lost, électrise Heroes avant de quitter le naufrage et fait tourner la tête de Russell Brand et Jason Segel dans l’une des plus belles comédies de la décennie (Sans Sarah rien ne va !).

Statut. Reese Whiterspoon 2.0

 
Seth Rogen
Né le 15 Avril 1982 à Vancouver (Canada)
Parution dans Guilt Trip, Jamaica, The Apocalypse
Chapitre 1, tablette 5 : la télé sanctifiée

David Schwimmer, Courteney Cox, Jennifer Aniston, Matthew Perry, Matt Leblanc & Lisa Kudrow. NBC Television Michael C. Hall & Erik King. Showtime Networks Inc. Jeremy Davies, Rebecca Mader et Josh Holloway. ABC Studios

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Tu louches sur la téloche.

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QUAND TA VIE N'EST PLUS UN FILM MAIS UNE SERIE TV

Vous saviez, vous, que Friends s’est arrêté en 2004 ? Incroyable quand on sait que dans les esprits, les tribulations de Ross, Rachel et leurs copains appartiennent à une autre époque, celle où l’on avait encore le temps. Le temps de choisir de regarder tel épisode ou non, de se poser devant son poste à 18h05 précises ou pas. Désormais, le TV show exerce une réelle dictature sur le temps. Vous avez manqué le dernier épisode de Lost ? Damned, votre semaine est ruinée. Votre day at work vous semble terriblement long ? Normal, vous crevez d’impatience de savoir si les collègues de Dexter vont le démasquer dans l’épisode qui dort trop sagement à l’intérieur de votre disque dur. Pis ! En plus de s’être emparé de nos modes de vie, la série télé s’est également accaparé le septième art. Découpage scénaristique plus agile, condensation massive de l’écriture, style filmique plus catchy : la révolution TV a conduit à l’évolution du ciné. La franchise M:I, qui s’est voulue comme le carbone 14 des modes de l’action movie, n’a pas jeté son dévolu sur J.J Abrams par hasard. Après le classicisme depalmien et la hongkongisation du polar avec John Woo, rien de moins logique que d’assister au baptême de feu du récit flashforwardisé, cher au plus prodige des showrunners. Seul bémol : Hollywood manufacture maintenant ses blockbusters comme des épisodes et n’importe quelle franchise de tâcheron a le droit à sa trilogie.

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PLUS BELLE TA VIE ?

Le croirez-vous : le meilleur film de l’année 2009 n’est même pas sorti en salles. L’école du pouvoir, gigantesque fresque des quarante dernières années de l’Histoire politique française, fait partie des « Créations originales » de Canal+, un vivier d’auteurs bourrés de talent rêvant de faire de la chaîne cryptée le HBO européen. Tout le paradoxe du cinéma hexagonal repose dans ce constat : ses plus belles promesses émanent dorénavant de la petite lucarne. Le meilleur polar de l’année ? Braquo, huit injections d’adrénaline pure signées par deux cinéastes en mal d’inspiration sur le grand écran, Marchal et Schoendorffer. Tahar Rahim et XXX, révélations de l’année ? Repérés dans La commune. En iconisant le premier et en imposant le second, Jacques Audiard a décloisonné les murs souvent érigés entre le ciné et la télé. Tel était de toute façon, dès le départ, l’ambition d’Un prophète, conçu de A à Z comme le « film d’après » – tant dans la filmo de son auteur que dans l’historique du ciné français. Chambouler l’establishment français, dynamiter la valeur « bankable », dire merde à Clovis Cornillac, voilà la force seconde mais néanmoins puissante (car hautement symbolique) du film. Pour preuve, l’éclosion fulgurante de Rahim : un acteur vierge de cinéma, issu de la télé, favori jusqu’à la dernière seconde pour le Prix d’interprétation masculine cannois. L’ironie de l’anecdote voudra qu’un acteur ayant tourné pendant quinze ans dans Derrick lui fût finalement préféré. Mais les Larousse du cinéma retiendront qu’à partir du film carcéral de fiston Audiard, la télé, bien écrite, devint une source d’inspiration comme peut (pût ?) l’être la littérature. Conclusion : dans la fourmilière Canal+, dont Pigalle la nuit expose encore toutes les audaces, se trouve la vitalité du cinéma français des 10’s.

 
Dexter
Série créée par James Manos Jr
Avec Lauren Velez, James Remar, Desmond Harrington, ...
Nationalité : américaine
Chapitre 1, feuillet 4 : Cinemen

Lève-toi et marche : qui est devenu un homme mon fils ?

Bourgeons dans les 90’s, ils ont éclot durant les 00’s et squattent désormais la serre des plus grands cinéastes. A contrario, certains vieux chênes ne se sont pas laissés enraciner et ont produit leurs plus beaux fruits. Podium végétal.

Bac FilmsMichael Mann.

Mésestimé au siècle dernier en tant que créateur de la série Miami vice, Michael a passé la décennie à réaliser un film meilleur que le précédent tout en redéfinissant l’imagerie et les codes du polar moderne. Sachant que la barre a été d’emblée placée au niveau de Ali, c’est dire le boulot.

Meilleur film : Miami vice

Meilleure scène : l'échappée en hors-bord (Miami vice)

Meilleure direction d'acteur : Will Smith (Ali)

Twentieth Century Fox FranceWes Anderson.

Même avec Rushmore, on ne se doutait pas que Wes irait aussi loin et aussi haut tout en étant aussi itératif. Chaque seconde de La famille Tenenbaum suintant la perfection absolue, on redoute les 10’s autant que lui. Heureusement, sa troupe ne cesse de s’étoffer, en star comme en talent.

Meilleur film : La famille Tenenbaum

Meilleure scène : la découverte du poisson-requin (La vie aquatique)

Meilleure direction d'acteur : Gwyneth Paltrow (La famille Tenenbaum)

Pen-ek Ratanaruang.

Avec Brillante Mendoza, Pen-ek symbolise l’émergence d’un cinéma asiatique chez qui l’atmosphère reprend enfin tout son sens : une expérience à la fois brutale et hypnotique, une claque ouatée d’une pourtant violence inouïe (Vagues invisibles/Kinatay).

Meilleur film : Ploy

Meilleure scène : l'errance dans les couloirs du bateau (Vagues invisibles)

Meilleure direction d'acteur : Asano Tadanobu (Vagues invisibles)

Warner Bros.Clint Eastwood.

Papy gâteux des 90’s, Clint s’est mué en un John Ford prolifique et populaire. La guerre (Flags of our fathers), l’héritage (Gran Torino), la filiation (Changeling) : des leçons de morale par le dernier grand sage américain.

Meilleur film : Flags of our fathers

Meilleure scène : l'arrivée de l'armée US sur la plage d'Iwo Jima (Flags of our fathers)

Meilleure direction d'acteur : Clint himself (Gran Torino)

Focus FeaturesMichel Gondry.

Ou comment un clippeur de génie devient un cinéaste de génie. Michel ne se prenant jamais au sérieux, beaucoup ont la fâcheuse tendance à faire de même avec son cinéma. Pas grave, ils feront leur mea culpa la décennie prochaine.

Meilleur film : Eternal sunshine of the spotless mind

Meilleure scène : le rêve "Patrick Dewaere" (La science des rêves)

Meilleure direction d'acteur : Jim Carrey (Eternal sunshine...)

 
Miami vice - Deux flics à Miami
Réalisé par Michael Mann
Avec Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li, ...
Année de production : 2005
Chapitre 1, livre 3 : le ciné effet décoiffé

Si l’on avait prédit aux jeunes travoltés des 80’s qu’ils porteraient la décennie suivante des jeans déchirés et des chemises de bûcheron taille XL, l’auraient-ils cru ? Probablement plus que les grunges qui ne s’imaginaient pas vêtus dix ans plus tard de slims taille US 29. Telle est la mode, en constante évolution. Le cinéma n’y échappe pas non plus. Rétrospective des modes 00’s.

Le style Parkinson.

Egalement appelé par certains médisants techniciens « le style Michael J. Fox ». Soit la façon dont les Dardenne conçoivent la transcription du réel appliquée au cinéma indé, branchstream puis mainstream : caméra embarquée, plans tremblants… Chamboulement esthétique rapidement devenu conformité barbante, cette mode a accouché d’autant de coups d’éclats que Gignac a marqué de buts cette saison.

The must 2009 : Max et les Maximonstres

The must 00’s : Amores perros

The worst : Once

Le style pop.Bill Murray et Scarlett Johansson. Focus Features

Auguré par Sofia Coppola à l’aube des 00’s avec Virgin Suicides, le style pop marque l’émergence du glamour publicitaire dans le cinéma moderne. Souvent joli (le dernier plan d’Adaptation) donc forcément souvent indélébile (la culotte rose de Scarlett dans Lost in translation), rarement percutant.

The must 2009 : J’ai tué ma mère

The must 00’s : La vie aquatique

The worst : Marie-Antoinette

Le blockbuster politisé.

Matt Damon. Paramount Pictures FranceAu début de la décennie, le film de l’été hollywoodien était fun et bigarré. Puis il y eut le 11 septembre. Le dernier blockbuster optimiste s’appelait alors Spiderman et l’ironie de l’anecdote veut qu’il devint malgré lui le premier blockbuster politisé : son plus fameux plan (Peter Parker tissant sa toile entre les Twin Towers) fût retiré avant la sortie du film. Depuis l’Amérique ne cesse de se regarder dans le miroir, d’interroger ses démons impérialistes et de mettre en scène ses failles et défaillances. Et quand Hollywood héroïse l’anarchie et le terrorisme, cela devient le plus gros succès des années 2000 (The dark knight).

The must 2009 : 20th century boys

The must 00’s : The dark knight

The worst : V pour Vendetta

Le documenteur.

Le PacteCorollaire hardcore du style Parkison, le documenteur imbrique vérité cinématographique et fake viral. Soit un exercice de style devenu monnaie courante et dont l’efficacité repose essentiellement sur son illusion de l’instantané. Avantage : chaque film se devant d’être une performance, le ciné en ressort grandi. Inconvénient : les qualités des réals relevant plus de celles du prestidigitateur que du cinéaste, l’espérance de vie du documenteur sera aussi courte que la carrière de Mario (Star Ac 1).

The must 2009 : Paranormal activity

The must 00’s : Cloverfield

The worst : District 9

 
Max et les maximonstres
Réalisé par Spike Jonze
Avec Charlotte Gainsbourg, Max Records, Catherine Keener, ...
Année de production : 2009
Chapitre 1, verset 2 : Incipit

Brad Pitt et Cate Blanchett. Warner Bros. France Ben Stiller et Michelle Monaghan. Paramount Pictures France Xavier Dolan. Rezo Films

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Jeunesse : quête, entêtement, mode de vie.

« Kids » des MGMT ne s’est pas imposé comme l’hymne des années 2000 par hasard : cette décade fût celle de la jeunesse, perpétuelle, infinie, sacrée, quid et constance des films majeurs des 00’s. Le come-back de Coppola ? L’homme sans âge, Youth without youth : non pas que sa méditation fantastico-philosophique soit un chef-d’œuvre, mais quand l’empereur maudit du ciné US se recale derrière une caméra, ce n’est certainement pas pour étoffer sa fiche wikipédia. Obsession quasi-monomaniaque – époque moderne oblige –, la jeunesse aura inspiré le cinéma entier, mainstream comme indé, ricain comme kazakh : Spiderman a quatorze ans d’âge mental et les ados « normaux » se droguent (Araki), partouzent (Clarke) et se fusillent (GVS). Mouvance 00’s, l’adolescence s’étend désormais jusqu’à la presque-quarantaine, d’où l’abondance (pénible) de comédies (très pénibles) sur ces trentenaires new-yorkais ou parisiens que la vie va contraindre à l’engagement marital, c’est-à-dire dépareiller la gentille brune de la blonde sexy – de Mensonges & trahisons à Two lovers, toujours la même rengaine, toujours le même navet. Kevin Smith et les frères Farelly ayant eux aussi céder au « genre », pour respectivement des déprimants Clerks 2, Fever pitch ou autre Heartbreak kid, la comédie US a vu poindre en la personne de Judd Apatow, ado nerd coincé dans la peau d’un quarantenaire, l’exorciste de cette tendance relou qui accouchera, durant la deuxième partie de la décennie, d’une pléiade de catharsis comiques savoureux. Mieux que l’Evian pour rester jeune : la muscu des zygomatiques. Néanmoins, la quête absolue de jeunesse subsiste et pas qu’un peu : Julia Roberts a la même tête qu’en 1999 tandis que Woody Allen, déjà vieux à trente balais, a revivifié son cinéma dans un salvateur exil londonien. D’ailleurs, dans le Titanic des 00’s, un certain Benjamin Button traverse la vie à contresens et perd toute notion de temps, d’existence et même d’anniversaire. Voilà le paradoxe des années 2000 : l’âge a perdu son sens strict (remember L’homme sans âge) et ne demeure donc plus que l’apparence. L’image. Dans un nouveau monde converti à la virtualité, ce règne écrasant n’étonne même plus Jane Fonda. On l’oublierait presque, la jeunesse a également appartenu aux principaux intéressés pendant cette décennie : SuperGrave, Twilight, Pixar. Des entreprises qui n’ont eu de cesse de dépasser leur limite d’âge, de concourir à une certaine maturité et ainsi de prouver leur légitimité existentielle. Car oui, pendant les 00’s, la jeunesse n’a été la quête que de ceux qui l’avaient perdue. Pour preuve, le meilleur film de cette fin de décennie s’appelle J’ai tué ma mère. Signé Xavier Dolan. Tout juste vingt ans.

Hugh Jackman, Scarlett Johansson et Woody Allen. TFM Distribution Bruno Ganz. Pathé Distribution Michael Cera, Christopher Mintz-Plasse et Jonah Hill. Sony Pictures Releasing France

 
L'Homme sans âge
Réalisé par Francis Ford Coppola
Avec Tim Roth, Alexandra Maria Lara, Bruno Ganz, ...
Année de production : 2007
Chapitre 1, alinéa 1 : Préambule

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La nouvelle a trois fois fait le tour de la toile, la direction d’Allociné en sue toujours à pleines gouttes, on suppose même un obscur recrutement des inrocks.com pour remplacer le blog de Serge Kaganski : voici donc mon dernier article. Mais plutôt que discrètement m’éclipser et tourner ainsi la dernière page de mon Cahier, je vous propose, en guise d’apothéose des deux années que j’ai passé à vous enseigner la vie, le plus pointu, exhaustif et brillant bilan de la dizaine d’années que vous venez de traverser.

Pourquoi ainsi, pourquoi comme ça ? Déjà parce que bloguer, c’est terriblement années 2000 (même les politiques bloguent, la péremption du truc ne fait plus aucun doute) et ensuite parce que l’individualité qu’oblige et contraint le blogging me semble à mille lieues de l’esprit 10’s qui s’emparera des années à venir. J’oubliais : ce qui va suivre sera prophétique.

Entre écologie, terrorisme, séries TV, rock’n’roll et verrines, les prémices du troisième millénaire ont influencé l’art et les mœurs, décuplé les formats et les plaisirs jusqu’à faire évoluer la culture et les mentalités. Alors, best of et worst of des 00’s ? La réponse juste après ce court intermède musical qui, pour des raisons économiques et techniques, sera illustré par ces trois petits points :

 
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