Si l’on avait prédit aux jeunes travoltés des 80’s qu’ils porteraient la décennie suivante des jeans déchirés et des chemises de bûcheron taille XL, l’auraient-ils cru ? Probablement plus que les grunges qui ne s’imaginaient pas vêtus dix ans plus tard de slims taille US 29. Telle est la mode, en constante évolution. Le cinéma n’y échappe pas non plus. Rétrospective des modes 00’s.
Le style Parkinson.
Egalement appelé par certains médisants techniciens « le style Michael J. Fox ». Soit la façon dont les Dardenne conçoivent la transcription du réel appliquée au cinéma indé, branchstream puis mainstream : caméra embarquée, plans tremblants… Chamboulement esthétique rapidement devenu conformité barbante, cette mode a accouché d’autant de coups d’éclats que Gignac a marqué de buts cette saison.
The must 2009 : Max et les Maximonstres
The must 00’s : Amores perros
The worst : Once
Le style pop.
Auguré par Sofia Coppola à l’aube des 00’s avec Virgin Suicides, le style pop marque l’émergence du glamour publicitaire dans le cinéma moderne. Souvent joli (le dernier plan d’Adaptation) donc forcément souvent indélébile (la culotte rose de Scarlett dans Lost in translation), rarement percutant.
The must 2009 : J’ai tué ma mère
The must 00’s : La vie aquatique
The worst : Marie-Antoinette
Le blockbuster politisé.
Au début de la décennie, le film de l’été hollywoodien était fun et bigarré. Puis il y eut le 11 septembre. Le dernier blockbuster optimiste s’appelait alors Spiderman et l’ironie de l’anecdote veut qu’il devint malgré lui le premier blockbuster politisé : son plus fameux plan (Peter Parker tissant sa toile entre les Twin Towers) fût retiré avant la sortie du film. Depuis l’Amérique ne cesse de se regarder dans le miroir, d’interroger ses démons impérialistes et de mettre en scène ses failles et défaillances. Et quand Hollywood héroïse l’anarchie et le terrorisme, cela devient le plus gros succès des années 2000 (The dark knight).
The must 2009 : 20th century boys
The must 00’s : The dark knight
The worst : V pour Vendetta
Le documenteur.
Corollaire hardcore du style Parkison, le documenteur imbrique vérité cinématographique et fake viral. Soit un exercice de style devenu monnaie courante et dont l’efficacité repose essentiellement sur son illusion de l’instantané. Avantage : chaque film se devant d’être une performance, le ciné en ressort grandi. Inconvénient : les qualités des réals relevant plus de celles du prestidigitateur que du cinéaste, l’espérance de vie du documenteur sera aussi courte que la carrière de Mario (Star Ac 1).
The must 2009 : Paranormal activity
The must 00’s : Cloverfield
The worst : District 9